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Vie de l'association

L’ Association CSPLH+ a un an d’existence

L’Association CSPLH+ a un an d’existence, et, conformément à ses statuts, a tenu son assemblée générale le 26 janvier 2021.

Ce fut l’occasion de faire le point sur le chemin parcouru en un an et de dresser des perspectives d’avenir.

La pandémie en cours nous a très fortement limités dans notre action. En particulier nous avons dû remettre à plus tard notre volonté d’aller au-devant de la population, de recueillir des témoignages sur les difficultés d’accès aux soins et aux conditions de la santé en général, de partager notre projet, de recruter de nouveaux membres…

Nous nous sommes réunis régulièrement et nous avons cependant avancé. Toutes les formalités relatives au bon fonctionnement d’une association ont été accomplies.

La création de notre blog reste pour le moment le moyen essentiel de communication avec les habitants de l’agglomération havraise. Son audience reste cependant modeste : en  2020, il a été vu 1156 fois et nos statistiques ont enregistré 401 visiteurs.

Nous avons commencé à rencontrer des élus locaux. Nous avions envisagé de tenir un stand sur le marché d’Harfleur (projet reporté pour raison sanitaire…)  et ce fut l’occasion d’échanger avec Mme la Maire d’Harfleur  et son équipe. Nos propositions ont été écoutées avec beaucoup d’ouverture et de bienveillance.

Nous avons pu évoquer notre action avec le groupe d’opposition « Un Havre citoyen », qui avait mis à son programme la création d’un Centre de santé. Précisons cependant que notre association n’est liée à aucune tendance politique. Nous avons vocation à dialoguer avec tous les élus et élues, quelque soit leur bord : la santé des populations, le manque criant de médecins, présents et promis à s’aggraver,  imposent d’unir les efforts pour trouver des réponses à la hauteur des enjeux.

Nous souhaitons également rencontrer l’association Sextant, portée par des médecins libéraux, et qui promeut la recherche de solutions pour faire à la crise actuelle. Notre projet de Centre de santé ne se construit pas en opposition avec les médecins de ville. Ils font face à la demande des patients  pour laquelle ils sont  en nombre insuffisant, ce qui génère tensions et prises en charge en urgence. Centres de santé et cabinets libéraux sont complémentaires et devront collaborer pour la santé de la population.

Nous nous sommes fait connaitre de la Fédération nationale des Centres de santé qui nous fait parvenir régulièrement ses informations.

Lors de la journée interprofessionnelle d’action du 16 juin des hospitaliers, nous avons rédigé et diffusé un tract lors du rassemblement. Nous sommes solidaires des luttes de ces professionnels. Un système de santé cohérent donnerait les moyens suffisants tant aux structures hospitalières, aux accueils d’urgence et à la médecine de ville.

Concernant nos projets pour 2021, ils se déploient sur plusieurs axes :

  • Organiser nos rencontres avec les habitants,  dès que la situation sanitaire le permettra, et faire ensuite  remonter les témoignages recueillis.
  • Poursuivre les rencontres avec les élus
  • Nous faire connaître de l’Agence régionale de santé et obtenir la participation de notre association à la Commission territoriale de santé
  • Prendre contact avec des associations ou des collectifs qui mènent un combat similaire au nôtre ;
  • Diversifier notre connaissance des différents modèles de Centre de santé.

Profitons de ce petit compte-rendu de notre Assemblée générale pour remercier tous ceux qui, membres ou non de l’association, nous ont apporté un petit coup de pouce bienvenu, comme la réalisation bénévole de notre logo, l’appui financier nécessaire pour démarrer notre trésorerie…

Et pour souligner que notre santé a besoin d’une mobilisation citoyenne !

 Il y a mille et une façons de participer à cette avancée, en fonction de sa disponibilité !

Bien sûr nous serons heureux si le groupe de travail qui pilote notre activité se renforce !

Mais aussi :

  • Faire remonter vos témoignages, vos informations, vos idées, vos propositions d’actions… notre courriel est fait pour ça ! csplhetplus@orange.fr
  • Adhérer à l’association : la cotisation de 20 € par an assure notre indépendance financière et les adhésions renforcent notre légitimité.
  • Vous abonner à notre blog, relayer nos articles auprès de vos réseaux…

Toutes les propositions seront les bienvenues !

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Centres de santé

Brèves…

Notre initiative en faveur d’un Centre de santé public n’est pas isolée

Dans les Hautes Pyrénées, un « Collectif 65 pour un centre de santé public» regroupe des syndicats (CGT, FSU retraités, SUD Santé), des partis politiques ((PC,PS, FI, NPA, Generation’s), des associations (ATD Quart Monde, l’association des Familles laïques, le Planning familial , RESF, INDECOSA), des organisations citoyennes (représentants des usagers de l’hôpital, conseil citoyen)   ainsi que des professionnels (médecins, assistantes sociales…).

Ce collectif défend la même conception du centre de santé que notre association, outil au service d’une autre politique de santé :

« Cette forme de médecine nous semble ainsi correspondre aux besoins de la population, aujourd’hui confrontée à la précarité et à la paupérisation, aux angoisses crées par ces situations.


Mais aujourd’hui ces différentes structures ainsi que la Sécurité sociale connaissent depuis des années des difficultés financières dues à la politique libérale d’austérité.


C’est pourquoi nous ne séparons pas notre lutte pour des centres de santé publics de celle pour l’instauration d’un autre système économique et social qui ne serait plus fondé comme aujourd’hui sur les profits des grands trusts et fonds de pensions qui règnent sur les cliniques privées et les grands trusts pharmaceutiques. Au contraire la réponse aux besoins humains ne peut être assurée que par une logique du public, du commun, de la participation des citoyens. »

(Paru dans la semaine des Pyrénées du 2 décembre 2020 :

La parole au collectif 65 pour un centre de santé public )

Sur le site de la Fédération nationale des Centres de santé

2021, l’expérience PEPS démarre dans 16 centres de santé

« Selon le cahier des charges de l’expérimentation, la mise en place d’un forfait vise à encourager le décloisonnement entre professionnels de santé, l’amélioration de la qualité et de la pertinence des soins prodigués, en plaçant le patient et son parcours de santé au cœur de la prise en charge de l’équipe traitante. »

« Ce projet est porté par l’IJFR, institut de recherche commun aux centres de santé. Après plus d’un an de préparation, l’expérimentation débutera le 1er janvier 2021. Pour faire un point d’étape à la veille de ce lancement, nous avons posé 3 questions au Dr Alain Beaupin, Président de l’IJFR »

L’accès à la vaccination contre la Covid19, un nouvel épisode des inégalités de santé ?

« En effet, l’organisation des prises de rendez-vous par internet n’est pas adaptée pour nombre d’habitants notamment ceux des quartiers populaires. Le chemin pour parvenir à la prise de rendez-vous est fastidieux : disposer d’un accès internet, se connecter sur www.sante.fr, accéder à la liste des centres pour en connaître les coordonnées puis appeler pour parfois attendre plus de 30 minutes. »

« La FNCS sollicite la mise en œuvre d’actions pour favoriser un accès équitable à la vaccination. Plusieurs solutions sont possibles, laissées à la main des acteurs en fonction de la réalité de leur territoire. Il est important qu’un centre de vaccination puisse répondre à la demande de la population de son propre territoire. »

À Fécamp, « la télémédecine, c’est pour dépanner » notent les généralistes du centre de santé de l’Agglo

Un article de Paris Normandie concernant le centre de santé de l’agglomération de Fécamp, est paru le 30 janvier 2021. Si la télémédecine a son utilité pour éviter les problèmes de contagion de patients COVID, les médecins du centre ne sont pas favorables à la généralisation de cette pratique qui ne permet pas un examen satisfaisant du malade.

L’article présente également le rôle joué par l’infirmière déléguée à la santé publique, qui a suivi une formation appropriée. Elle suit les malades chroniques qui lui sont adressés par les médecins. Dans la durée de la consultation d’une heure, elle peut aborder l’éducation thérapeutique, la prévention… dont l’importance est primordiale pour promouvoir la santé des patients.

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Centres de santé

Malgré SAGEO, la région havraise reste toujours un désert médical

Novembre 2020

Les articles de de la presse locale relayant l’installation de la société SAGEO dans le quartier de l’Eure au Havre, pourraient laisser entendre que les problèmes de désertification médicale de la ville seraient sinon résolus, au moins grandement améliorés. Avec une amplitude horaire allant de 8heures à 20 heures, six jours sur sept, tiers payant intégral, prises de rendez-vous facilitées, accès à la gynécologie, à l’ophtalmologie… et d’autres implantations au Havre seraient à l’étude. La société affirme sa vocation sociale : « C’est notre vocation médico-sociale que de nous installer dans des zones classées par l’ARS (agence régionale de santé) comme déserts médicaux »[i] . Sans méconnaître le bienfait immédiat apporté aux patients qui pourront bénéficier des services de ce centre médical, on peut tout de même se livrer à quelques interrogations et nuancer le tableau.

Qu’est-ce que SAGEO ?

SAGEO Le Havre est une société par actions simplifiée. Elle met en œuvre l’organisation conçue par SAGEO national et lui loue les locaux qu’elle utilise. SAGEO nationale est également une société par actions simplifiée ; les deux sociétés ont leur siège social à la même adresse à Paris.

Selon un entretien la présentation de SAGEO national par son fondateur[2], la rémunération des médecins est fixée et gérée par l’association médicale à laquelle tous les praticiens adhèrent[3]. SAGEO se défend de dépendre d’un financement extérieur, comme pourrait l’être l’aide d’une collectivité territoriale : « Souvent la variable d’ajustement, dans les maisons ou centres de santé, ce sont les loyers payés, etc.  Nous ne voulions pas de cela.»[4] SAGEO revendique « un socle financier sûr ». Et le fondateur de préciser : « Sur nos quatre piliers – prévention, biologie, orphalmologie et radiologie – il fallait que nous trouvions des acteurs qui pouvaient  nous accompagner à l’échelle nationale et qui pouvaient, dès lors que nous ouvrions une structure, rémunérer cette structure avec un contrat de prestation service sur un certain nombre d’années. » Autrement dit : là où les centres de santé traditionnels sont financés par la sécurité sociale, subventionné par le public (aide de l’État, des collectivités territoriales…) pour équilibrer leur budget, les centres SAGEO sont eux abondés par des prestataires de services que par ailleurs on rémunère pour leur activité !

On est légitimement fondé à s’interroger sur les motivations de ces « piliers » financeurs. Les partenaires que s’est choisi SAGEO, on trouve VIDI, qui se présente comme un réseau coopératif de centres d’imagerie médicale –les centres de radiologie du Havre en sont adhérents–.  On y trouve également IDP santé, une autre société par actions simplifiée, dont l’objectif serait : « Aider les aînés à mieux vivre de façon autonome, chez eux, pour longtemps ! »[5]. Cette société est spécialisée dans l’analyse prédictive et propose, grâce à des capteurs intelligents et à un bracelet connecté en permanence, d’identifier les schémas comportementaux uniques de l’individu… pour prévenir les chutes. On est tout de même loin de la façon dont le fondateur de SAGEO présente l’activité IDP santé « Sur la prévention, nous nous sommes associés à IDP santé qui a développé entre autres l’atelier de la marche. Ils vont développer avec nous des ateliers marche, mémoire, bien se nourrir, etc. »

Le choix du partenaire de laboratoire de biologie, UNILABS, est à replacer dans le contexte de la financiarisation de cette activité, combattue par le syndicat des biologistes[6]. UNILABS est détenu en majorité par des investisseurs financiers. Les textes légaux prévoient en théorie que la majorité du capital d’une société d’exercice libéral soit détenue par des biologistes, mais des failles législatives ont permis à des investisseurs tels des fonds de pension de s’y introduire et d’y devenir majoritaires. Les groupes qui se sont les premiers engouffrés dans les brèches de la loi ont absorbé d’autres laboratoires ; on est ainsi passé de 5000 structures propriétaires en 2008 à 500 en 2018.

Cependant, trop de laboratoires de biologie restent encore aux mains de leurs professionnels libéraux, au goût de ce type de fonds spéculatifs. L’Autorité de la concurrence[7] s’est auto saisie d’office de la question et a publié un rapport. Celui-ci préconise de revoir les règles qui limitent l’accès du capital financier à la propriété des laboratoires de biologie médicale « afin de permettre au secteur de poursuivre le mouvement de concentration auquel les pouvoirs publics l’encouragent depuis près de deux décennies. ». Le rapport préconise également l’assouplissement des règles d’implantation territoriale et de permettre une concurrence par les prix entre professionnels. On peut on peut prévoir sans grand risque que ces recommandations vont bientôt se traduire en dispositions légales et ouvrir un nouveau champ à la concurrence.

On comprend mieux l’intérêt d’un groupe financier comme UNILABS de de participer au financement de structures de santé « partenaires » qui vont lui procurer une clientèle assurée. Il sera facile de convaincre les patients de ces structures d’avoir recours au laboratoire recommandé pour des raisons de facilité et de rapidité.

Ophtalmologie express est le quatrième partenaire financeur de SAGEO. Cette société a été épinglée a dans la presse pour des pratiques qui peuvent être considérées comme frauduleuses[8]: surfacturation, actes inutiles…

Des centres d’ophtalmologie aux pratiques plus que douteuses

En fait, Ophtalmologie express fait partie, tout comme SAGEO, de ces nouveaux « centres de santé » permis par l’ordonnance de janvier 2018 qui modifie les conditions d’exercice de ces structures héritières des anciens dispensaires. Elle a introduit la possibilité pour le secteur lucratif de gérer des centres de santé, sous réserve que les bénéfices ne soient pas distribués mais mis en réserve ou réinvestis. Depuis, de nombreux centres d’ophtalmologie aux pratiques douteuses sont apparus comme des champignons, mettant à profit le manque de spécialistes en la matière.

Selon le Conseil national professionnels d’ophtalmologie (CNPO), des actes peu justifiés et des facturations hautement critiquables ont été relevées par différentes sources ces derniers mois. La Caisse nationale d’assurance-maladie, alertée par la hausse vertigineuse des demandes de remboursement en provenance de ces centres, a déclenché des contrôles.

Cependant, dans un communiqué, le CNPO tient à mettre en garde contre tout « amalgame », notamment « avec les centres de santé historiques, sans but lucratif, conçus sur un modèle mutualiste et traditionnellement gérés par les collectivités et institutions territoriales« . 

Un article du Parisien [9] révèle que les ophtalmologistes dans ces centres peuvent être rémunérés 1500 € par jour… bien plus que dans un cabinet libéral. Les sociétés propriétaires de ces centres souvent sans lien avec la santé : Ophtalmologie express dépend de Care Invest, spécialisé dans la location de biens immobiliers ; Alliance vision, qui a implanté un centre au Havre vient de créer une société éponyme de gestion de fonds située à la même adresse aux Champs-Élysées à Paris… Selon l’article du Parisien, «Pour « sortir » l’argent de cette fraude, plusieurs techniques sont utilisées, souvent simultanément. Selon diverses sources, cela va des locaux loués à prix d’or à une société « amie », même chose pour les appareils de contrôle, jusqu’à la facturation de pseudo-conseils en or… En apparence, tout est clean, on n’y voit que du feu. ». Dans un autre article du même quotidien[10], un médecin témoigne : «quand le centre a pris la carte Vitale des patients, il peut en faire ce qu’il veut ; nous les ophtalmologues, on ne voit rien puisque ce sont les secrétaires qui s’occupent de la facturation des actes, et les patients, qui ne paient rien, ne se doutent de rien. C’est comme ça que certains patients sont facturés pour des actes inutiles ou fictifs, parfois sur 2-3-4 jours, alors qu’ils ne sont venus qu’une fois. Si ces centres étaient parfaitement honnêtes, croyez-vous qu’ils paieraient leurs médecins 1500 euros nets par jour ? »

L’implantation de nouveaux centres de santé toujours nécessaire dans la région havraise

L’implantation de centres de santé gérés par des collectivités territoriales ou des hôpitaux, dans un esprit de service public, hors de toute préoccupation lucrative, reste toujours d’actualité dans la région havraise.

Pour l’instant, SAGEO ne prévoit au mieux que de recruter quatre médecins généralistes. C’est sans commune mesure avec les besoins de la communauté urbaine, qui ne vont faire que s’aggraver compte tenu du vieillissement des médecins actuellement en exercice.

D’après C@rtoSanté

En Normandie, plusieurs collectivités territoriales ont pris le problème en main et ont mis en place des centres de santé pour faire face aux besoins urgents de la population : la commune de Fécamp salarie ses médecins ; un centre de santé hospitalier s’est ouvert à Dieppe ; dans l’Orne un centre de santé départemental ouvre des antennes dans tout son territoire… Les formules pour la mise en place des centres de santé peuvent varier, quant à leurs gestionnaires, quant à leur périmètre (avec des antennes pour les villages ou les quartiers éloignés) ; ils peuvent ils peuvent se rapprocher pour mutualiser des services et mener des projets communs, en matière de recherche, de prévention… Les indicateurs de santé pour la région havraise sont suffisamment alarmants pour que la communauté urbaine et les communes qui la constituent se saisissent d’urgence de la question et réfléchissent à des solutions innovantes. Les citoyens doivent par ailleurs être consultés et associés à la construction de réponses à leurs besoins en matière de santé.


[1] Paris Normandie du 4 septembre 2020.

[2] https://sageo-sante.org/index.php/2020/06/22/sageo-ou-comment-organiser-un-plateau-technique-autour-dun-mg/

[3] sans plus de précisions sur la façon dont l’association médicale est elle-même financée.

[4] notons cependant qu’en s’installant en s’installant dans des zones classées par l’ARS comme déserts médicaux, SAGEO bénéficiera à ce titre des aides de la sécurité sociale et de l’État.

[5] https://www.idpsante.com/pages/services-quickfinders/commentcamarche/#analyse

[6] https://capitalfinance.lesechos.fr/analyses/dossiers/un-marche-de-lanalyse-medicale-edifie-a-coup-de-montages-complexes-1170133

[7] https://www.autoritedelaconcurrence.fr/sites/default/files/commitments//19a08.pdf

[8] https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/des-centres-ophtalmologiques-soupconnes-de-fraude-a-l-assurance-maladie_2130706.html

[9] https://www.leparisien.fr/economie/des-centres-d-ophtalmologie-soupconnes-de-fraude-a-la-secu-13-07-2020-8351889.php

[10] https://www.leparisien.fr/economie/de-vraies-arnaques-un-medecin-denonce-les-fraudes-de-centres-d-ophtalmologie-13-07-2020-8351898.php

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Centres de santé

Le manque criant de médecins traitants au Havre et dans la communauté urbaine

Le déficit de médecins traitants au Havre et dans son intercommunalité est une réalité à laquelle se heurtent nombre de leurs habitants.

Juillet 2020

Une région particulièrement sinistrée

Nous avons essayé d’avoir des données chiffrées qui permettent de mesurer « l’offre » en médecins traitants, généralistes, sur le territoire.

Le site AMELI.fr de la Caisse nationale d’assurance maladie annonce 158 généralistes pour Le Havre et 62 pour les autres communes, soit en tout 220 pour l’ensemble de la communauté urbaine.

Selon l’INSEE 2018, la moyenne en France est de 153 généralistes pour 100 000 habitants en France, et de 149 pour la Seine-Maritime.

Si l’on prend les chiffres annoncés par le site AMELI.fr, la communauté urbaine disposerait de 80 médecins généralistes pour 100 000 habitants !

Les données d’AMELI et leurs surprises

Nous ignorons comment l’INSEE a procédé pour le comptage des généralistes, mais nous avons eu quelques surprises en examinant les listes de médecins généralistes publié sur le site de la Caisse nationale d’assurance maladie.

Nous avons constaté que le même médecin peut se retrouver plusieurs fois dans cette liste : un généraliste qui assure le remplacement de plusieurs médecins dans le même cabinet, apparait dans la liste à chaque médecin remplacé ; des praticiens exercent dans plusieurs cabinets, notamment entre Le Havre et Etretat.

Par ailleurs, des médecins sont salariés, en milieu hospitalier ou autre, en parallèle de leur activité libérale, ce qui réduit d’autant leur capacité à exercer en tant que médecin traitant.

Tous les médecins généralistes ne sont pas des médecins traitants

Notre examen des lieux d’exercice ainsi que d’autres informations disponibles pour chaque médecin permettent de ne pas prendre en compte certains d’entre eux. Nous avons d’ailleurs pris des contacts par téléphone pour vérifier nos interrogations.

En effet les médecins exerçant à l’hôpital privé de l’Estuaire ou des Ormeaux sont urgentistes. Le généraliste exerçant au Centre de transfusion sanguine n’y exerce pas en tant que médecin traitant. Les médecins « à exercice particulier » ou à « exercice exclusif », comme les allergologues, les angiologues, les acupuncteurs, ne sortent pas de leur compétence spécifique. La plupart ne sont d’ailleurs pas conventionnés en secteur 1 et demandent des dépassements d’honoraires.

Il est à noter que les médecins généralistes formés à l’homéopathie peuvent être médecins traitants mais que certains demandent également des dépassements d’honoraires.

En comptant à 80% les médecins ayant une autre activité que libérale, en ne comptant qu’une seule fois le même médecin, en ne comptabilisant pas les médecins ayant des spécialités et n’exerçant pas en tant que médecins traitants, nous obtenons un total maximum de 120,2 « équivalents temps plein » au Havre et de 57,4 dans les autres communes. Ce chiffre ne prend pas en compte les temps partiels dont nous n’avons pas la connaissance mais ils réduisent d’autant la capacité des médecins traitants à prendre en charge plus de malades.

Implantation des médecins traitants généralistes dans la communauté urbaine « Le Havre Seine Métropole »

Sans titre

La présence des médecins traitants est estimée en équivalents temps plein, selon les informations dont nous disposons

Les médecins sont concentrés essentiellement au Havre et sa banlieue, ainsi qu’à Criquetot l’Esneval et à Saint Romain-de-Colbosc.

Le ou les Centres de santé seraient une réponse possible en terme d’augmentation globale du nombre de médecins traitants, mais aussi en matière d’éloignement géographique, avec la possibilité  de permanences dans des villages excentrés.

Répartition des médecins traitants généralistes par quartier dans la commune du Havre

LH2
La présence des médecins généralistes traitants est estimée en équivalents temps plein, selon les informations dont nous disposons

Au Havre même, l’augmentation de l’effectif médical et une meilleure répartition apparaissent comme une nécessité.

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Questions de santé

Le 16 juin, tous et toutes en soutien aux soignants et pour notre santé

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Communiqué unitaire

Mobilisé.e.s pour obtenir satisfaction

Les organisations syndicales paramédicales et médicales AMUF, SNIP CFE-CGC, CGT, FO, SUD et UNSA, les collectifs Inter Urgences, Inter Hôpitaux, le printemps de la psychiatrie et la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et des Maternités de proximité appellent les personnels et les usager·e·s à se mobiliser le 16 juin pour une journée d’action nationale d’initiatives et de grève.

Les politiques d’austérité menées par les différents gouvernements successifs avant la crise sanitaire et les non prises en compte de ce gouvernement en matière de Santé et d’Action Sociale ont généré des carences en matière de prise en charge, qui se sont accentuées pendant la pandémie du COVID 19. Cette crise démontre que les questions de santé, d’améliorations des conditions de travail des salarié·e·s de ces secteurs d’activité et la prise en charge de la population doivent être des enjeux prioritaires pour notre société.

La population a applaudi les agents hospitaliers, mais aussi compris l’urgence de satisfaire les revendications exprimées par ceux-ci. Nous le répétons, les professionnel·le·s ne se contenteront plus de belles promesses et de
demies mesures !
Nous continuons à porter notre plateforme commune revendicative sur les sujets suivants :
 Revalorisation générale des salaires de tous les personnels et reconnaissance des qualifications des professionnel·le·s
 Un plan de formation pluridisciplinaire et un plan recrutement de personnel
 Renforcement des moyens financiers significatifs pour les établissements, ce qui passe par la suppression de l’enveloppe fermée et une augmentation substantielle des budgets 2020 et 2021
 L’arrêt de toutes les fermetures d’établissements, de services et de lits
 De réelles mesures qui garantissent l’accès, la proximité et l’égalité de la prise en charge pour la population sur tout le territoire.
La meilleure des reconnaissances pour tous les professionnel·le·s des établissements du
sanitaire, du médico-social et social, c’est que ce gouvernement ENFIN prenne en compte
l’ensemble de leurs revendications.

Tout·e·s ensemble salarié·e·s, usager·e·s, population
mobilisé·e·s et déterminé·e·s à se faire entendre
le 16 juin 2020

 

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Centres de santé Questions de santé

Brèves…

Les centres de santé exclus du Comité Ségur national !

Dans un communiqué de presse du 27 mai 2020, la Fédération Nationale des Centres de Santé (FNCS) et l’Union Syndicale des Médecins de Centres de Santé (USMCS) dénoncent l’exclusion des organisations représentatives des centres de santé et de leurs professionnels du Comité Ségur national.

En l’état actuel de la composition du Comité rendue publique, seules la médecine libérale et les structures d’exercice collectif privées auraient voix au chapitre pour les soins de ville.

Ces deux organisations ont écrit au premier ministre.

D’autres acteurs de la santé dénoncent également leur mise à l’écart.
Aucun syndicat de professionnels infirmiers n’a été convié. Le syndicat Jeunes médecins (ex-ISNCCA), représentant les jeunes praticiens, les chefs de clinique et assistants, qui siège pourtant dans les instances nationales, n’a pas non plus été admis.1 Un recours en référé a été deposé auprès du Tribunal administratif de Paris.

Application Stop-covid : le syndicat des Jeunes Médecins Généralistes réaffirme son opposition

Communiqué de presse du 26 mai 2020

Ce syndicat dénonce une réaction insuffisante de la profession médicale face à cette opération de traçage :

« Aussitôt alléchées et/ou incitées par le gouvernement, toutes les entreprises technologiques françaises se sont rapidement mobilisées sur ce projet, de la plus récente start-up du numérique aux plus grosses industries de télécommunications ou de l’armement.

Face à ce rouleau compresseur industriel, le milieu médical a fait preuve d’apathie. D’une part, l’Académie de médecine (2) puis l’Ordre des médecins (3) ont donné un avis favorable, sous conditions, à l’utilisation de smartphones pour le suivi du déconfinement et le traçage des patients. D’autre part, les syndicats médicaux, à l’exception notable du Syndicat de la Médecine Générale (SMG), sont restés soit discrets soit indifférents. »

Le SNJMG s’oppose à l’application Stopcovid, qui représente un réel risque d’atteinte aux libertés fondamentales. Aucun outil du type de stopcovid n’a scientifiquement démontré un véritable intérêt dans la maitrise de la pandémie, que ce soit à Singapour ou en Islande.

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Centres de santé Questions de santé

Dépistage du COVID-19 : pour une méthode efficace et respectueuse des libertés individuelles

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Comment empêcher une deuxième vague de pandémie lors du déconfinement ? Les dispositions prises à cet égard par le gouvernement français posent problème.

La méthode proposée à la mise en application depuis le 11 mai, telle qu’elle est conçue, constitue une atteinte au secret médical et présente  un risque sérieux pour les libertés individuelles.

Cette méthode se décline en trois actes : le médecin confronté à une suspicion d’infection par le COVID-19 propose un test au patient. Si le diagnostic est confirmé, le médecin doit recueillir les informations sur toutes les personnes avec lesquelles le malade aura été en contact et  transmettre toutes les données nominatives (avec adresses et coordonnées téléphoniques) à la Caisse primaire d’assurance maladie.

La personne infectée et son entourage sont invités à s’isoler. La consultation du praticien s’élève à 55 €, mais l’idée de rémunérer de 2 à 4 € la transmission d’informations sur l’entourage a été abandonnée : elle mettait mal à l’aise les médecins qui y voyaient une sorte de prime à la délation.

Ensuite la CPAM délègue une « brigade sanitaire » chargée d’approfondir la recherche de cas contacts et la collecte des données. Toutes ces informations alimentent le fichier informatique « Contact COVID ». Le décret l’instituant précise que peuvent y figurer les noms, numéro de sécurité sociale, adresses, téléphones, symptômes, tests de dépistage, lieux de travail, établissements (maison de retraite, crèche, école, prison) et individus fréquentés dans les deux semaines précédant le diagnostic des personnes concernées. Les laboratoires de leur côté doivent transmettre les résultats nominatifs des examens de dépistage à un autre fichier nommé SI-DEP.

La recherche de personnes possiblement contaminées, auxquelles offrir la possibilité d’être testées et si nécessaire d’être hébergées en situation d’isolement, est effectivement nécessaire pour lutter contre l’épidémie. En revanche, le fichage centralisé auquel il donne lieu doit nous inquiéter.

L’appel au personnel de l’assurance-maladie peut surprendre. Les agents des CPAM – rétribués avec les cotisations sociales des salariés et non par le budget de l’Etat- ont vocation à rembourser les dépenses des assurés et non à jouer un rôle d’agents sanitaires.   Selon un article paru dans Médiapart, ce serait entre 4.000 et 6.500 agents qui devraient être mobilisés 7 jours sur 7, de 8 h à 19 h. Les baisses continues d’effectif depuis de nombreuses années mettent déjà ces salariés en tension face aux missions qui leur reviennent. On ne peut que constater la désinvolture de l’Etat qui dispose d’un claquement de doigt de personnels qui ne sont pas les siens.

Les syndicats CGT et FO ont fait paraitre un communiqué commun où ils dénoncent un « dispositif est contraire aux missions de la Sécurité sociale, dont le rôle n’est pas de ficher les assurés sociaux en fonction de leur maladie, ni d’établir des listes des personnes ayant été en contact avec des malades » et qui « remet en cause le secret médical et le secret professionnel. »

Ce n’est pas la compétence des agents qui est en cause -la relation avec le public, le secret professionnel font partie de leur culture- mais bien les objectifs au service desquels elle est mobilisée.

Ce dispositif a suscité des craintes auprès des parlementaires de tous bords, de LFI à LERM dont deux députées ont exprimé leurs inquiétudes vis-à-vis d’une « mise à mal des principes fondamentaux de l’éthique médicale. » Selon Le Monde du 9 mai, « Les députés ont conservé plusieurs apports du Sénat, dont une instance de contrôle et – dans une version retouchée – la limitation du périmètre des données collectées à celles concernant l’infection par le virus. Ils ont aussi apporté plusieurs précisions, dont le fait que le partage des données du système d’information durerait neuf mois, une éventuelle prolongation devant être validée par le Parlement. »

Le Conseil constitutionnel a validé la création du fichier, mais assorti de quelques limitations : « restriction concernant le champ des personnes susceptibles d’avoir accès à ces données sans le consentement de l’intéressé. Les organismes qui assurent l’accompagnement social de ces personnes ne pourront y accéder. Le Conseil s’est assuré que les données extraites de ces futurs fichiers et utilisés pour le suivi épidémiologique et la recherche sur le Covid-19 seraient expurgées des informations de contact (e-mail, numéro de téléphone) des personnes inscrites dans ce fichier. Le Parlement n’avait prévu que la suppression des nom, prénom et adresse notamment. »

Ces quelques garde-fous ne suffisent pas à rassurer. Il est à noter que les maladies à déclaration obligatoire respectent l’anonymat, à la différence de ces actuels fichiers.

Les médecins sont divisés. Selon un communiqué du 5 mai du Syndicat de médecine générale, « ce n’est pas de la santé publique et si les médecins suivent, ils.elles trahiront leur éthique professionnelle. » Selon Mathilde Boursier, membre de ce syndicat, « ce fichier ne peut pas être comparé à un fichier classique de l’assurance-maladie, « car il comprend un diagnostic », celui du Covid-19, alors que l’assurance-maladie ne collecte que des données sur le remboursement de médicaments ou d’examens médicaux. Ce dispositif ne sert pas à ses yeux un intérêt de santé publique parce qu’il « crée de la suspicion, les gens vont avoir peur de nous parler ».[1]

Tous les syndicats de médecins ne sont pas sur cette position. Le Collège de médecine générale est favorable à la démarche, tout en regrettant que le consentement du malade ne soit pas recherché.

La plus grande inquiétude concerne l’utilisation de ces données par des assureurs ou d’autres sociétés privées. Les données individuelles, et particulièrement celles relatives à la santé des personnes, sont une ressource très prisée et les assurances qui nous sont données quant à la protection des informations paraissent bien légères. La CNIL annonce qu’elle sera vigilante…c’est dire qu’il y a bien du risque dans l’air.

La mise en œuvre du traçage par téléphone portable (Stop COVID) n’est pas pour l’instant retenue : la « levier de boucliers » était trop importante, les esprits n’y sont pas prêts. Or si les dispositions de la loi d’urgence sanitaire instituent une mesure efficace de lutte contre l’épidémie, elles l’assortissent d’un fichage centralisé qui lui n’est en rien nécessaire. Les personnes contaminées seront déclarées par leur médecin et il leur sera difficile de refuser de donner les coordonnées des personnes avec lesquelles elles auront été en contact. Elles seront jugées responsables de la mise en danger la vie d’autrui. Pour l’instant, il n’y a pas d’obligation de transmettre ces informations, mais la pression sera terrible. Bon gré mal gré, chacun peut être embrigadé dans cette opération de fichage.

Or il existe une alternative de dépistage, sans recours au fichage généralisé :

le dispositif pilote COVISAN

Il a été initié par l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, en partenariat avec tous les partenaires pouvant prêter leur concours à cette opération : des collectivités locales aux associations, des hôpitaux à la médecine de ville et aux centres de santé, des professionnels de santé aux intervenants sociaux et aux logisticiens.[2]

Les dispositifs pilotes sont mis en place sous l’égide des pouvoirs publics et le Conseil départemental de l’ordre de Paris a confirmé son engagement dans l’expérience.

Selon le document COVISAN :

« Ils consistent à identifier les personnes dépistées COVID-19 ou fortement suspectées d’une atteinte COVID-19 et potentiellement contagieuses et à leur proposer, à elles et à leur entourage, les mesures permettant la réalisation d’un confinement efficace et protecteur, de nature à casser les chaines de transmission.

Pour les patients pour lesquels un confinement efficace et protecteur au domicile est possible, des équipes d’intervention au domicile activées à l’inclusion du patient dans COVISAN fournissent, via un « kit patient », du matériel de protection individuelle (masque, gel hydro-alcoolique) ainsi que toutes les informations requises sur les gestes barrières.

Des services complémentaires peuvent être proposés aux patients inclus : hébergement hors du domicile, solution de portage de repas.

Pour celles qui ne peuvent s’isoler de manière efficace dans leur logement et protéger leur entourage d’une contamination, il est proposé un isolement hors du domicile habituel, en hôtel ou en centre d’hébergement, sur la base du volontariat.

Le démarche COVISAN permet enfin d’identifier des foyers épidémiques ou des situations présentant un risque de propagation de l’épidémie et d’initier des actions de maîtrise de l’épidémie à plus grande échelle. »

La gestion des informations est gérée en local. Le volontariat du patient et son consentement exprès au partage des informations médicales le concernant est à la base de la philosophie de ce projet.

Aubervilliers est l’une des villes qui participent à cette expérimentation. Tania Kandel, médecin de santé publique qui coordonne le dispositif à l’échelle de la ville considère que COVISAN est plus complet que le dispositif de l’Etat[3] : passer par les médecins généralistes est insuffisant, il faut quelquefois aller au-devant des personnes, comme dans les foyers de migrants surpeuplés peu suivis médicalement. Le Centre de santé est un outil particulièrement adapté à cette prise en charge :

« C’est un secret médical partagé entre des personnes qui participent à une même prise en charge médicale. Au sein du centre municipal de santé, on travaille déjà de cette façon. »

Tania Kandel estime que l’approche basée sur le volontariat, qui gagne la confiance de la population, est plus efficace que le caractère coercitif qui sous-tend l’approche préconisée par le gouvernement. Elle récuse le terme « brigade » d’enquêteurs :

« C’est un terme malheureux, militaire. Déjà qu’il y a un manque de confiance de la population dans l’action de l’État, c’est délétère. Une approche de santé publique n’est en aucun cas répressive. »

Plus respectueux, plus efficace, pourquoi le dispositif COVISAN ne serait-il pas mis en œuvre dans la région havraise ?

 

[1] Traçage des cas suspects de Covid-19: le secret médical en question PAR CAROLINE COQ-CHODORGE ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 8 MAI 2020 Médiapart

[2] http://aphp.aphp.fr/wp-content/blogs.dir/268/files/2020/04/COVISAN_presentation-dispositif_20200424.pdf

[3] Article de Médiapart déjà cité

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Centres de santé

Donnez aux Maisons et Centres de Santé les moyens de tester massivement !

Demain, il nous faudra repenser l’organisation de notre système de santé, et en particulier les structures médicales de proximité.

La disponibilité des mesures de protections urgentes, comme peuvent l’être dans la situation actuelle les masques, les tests, devra et doit dès maintenant être gérée en local.

La Fédération nationale des Centres de santé, l’Avenir des équipes coordonnées, l’Union syndicale des médecins de Centres de santé, ont fait paraitre un communiqué commun le 16 avril « Donnez aux Maisons et Centres de Santé les moyens de tester massivement ! »

Ce communiqué insiste sur l’urgence :

« Le 11 mai c’est tout de suite!

Le déconfinement c’est maintenant qu’il se prépare!

L’épidémie c’est dans chaque territoire qu’elle se contrôle!

Les patients non immunisés doivent être protégés!

Les patients contagieux doivent être testés et isolés!

Les personnes déjà immunisées doivent en être informées au plus vite ! »

Le communiqué souligne que ces structures médicales ont su se réinventer pour apporter une réponse adaptée face à l’épidémie :

« Circuits dédiés pour les patients suspects de Covid-­‐19

Prises en charge pluriprofessionnelle des patients Covid-­‐19 y compris au domicile

Sécurité absolue pour les personnels et les équipes

Acteurs de santé publique en lien avec les élus des territoires et les institutions

Poursuite de la prise en charge des patients chroniques

Remparts contre la montée de la fracture numérique

Attentifs aux patients socialement et psychiquement vulnérables »

Maisons et Centres de santé ont une aptitude validée à réaliser dans la sécurité tous les prélèvements et tous les tests, à gérer les résultats et les prises en charges.

>—<

Nous doutons que cet appel ait été entendu.

Pour l’association CSPLH+, il appartient aux citoyens de s’informer et de se mobiliser sur les conditions de  leur santé et de l’organisation du système de santé, en liaison avec les professionnels, les élus et l’administration.

A travers les Centres de santé, notre objectif concerne les « soins de premiers recours » (ou soins de ville) de qualité et accessibles à tous et toutes. Notre revendication est complémentaire de celles de tous les soignants, qu’ils soient de ville ou hospitaliers, qui demandent les moyens de prendre en charge au mieux la santé de leur patients, tout en préservant la leur.

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A Fécamp, l’association « Un médecin pour chacun » mobilise et obtient des résultats

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Questions de santé Vie de l'association

Une autre vision de la santé pour demain…

Le 23 janvier 2020, à plusieurs citoyennes et citoyens havrais, alertés par les difficultés d’accès au médecin traitant, nous avons créé notre association. Nous nous sommes donnés pour premier objectif de promouvoir la création d’un Centre de santé -et de ses antennes- dans la communauté urbaine, en mobilisant la population et en devenant interlocuteurs des élus et de l’administration.

Le Centre de santé est un « outil » de santé publique ; notre but est que les concitoyens prennent en main toutes les questions relatives à leur santé.

Or, nous avons été alertés par un message d’un médecin hospitalier havrais, dont nous nous faisons l’écho :

« Compte tenu de l’incapacité de ce gouvernement à gérer cette crise sanitaire, il ne nous reste plus que le confinement.

Nous n’avons pas de masques pour la population, pas de thermomètres, pas assez de kit de diagnostic, pas assez de respirateurs dans les hôpitaux.

Alors, pour casser l’épidémie, il ne reste plus que le confinement le plus strict possible. Ne sortir qu’en cas de nécessité absolue, se laver les mains souvent, rester vraiment à un mètre  du voisin, nettoyer la carte bleue  après paiement  etc…

Laisser tomber le footing, cela n’a aucun sens. Eviter si possible les transports en commun. Privilégier les petits commerces. 

Au travail, lavage des mains, un mètre de distance tout le temps.

Face au manque de confiance de la population vis à vis de ce gouvernement, les forces de progrès, votre association, ont un rôle à jouer pour l’auto discipline de la population. »

Nous avions fait le constat, antérieur à la pandémie, non seulement du manque de médecins généralistes, de spécialistes, de la situation de fragilité créée par la fermeture d’hôpitaux, et, à l’intérieur de ceux-ci, de services et de lits. Nous avons suivi toutes les luttes des personnels de santé. Les soignants des urgences sont confrontés à une pénurie de personnel et à des moyens insuffisants, à un engorgement du fait de patients dépourvus de médecins traitants et de lits disponibles dans les services.

C’est dans cet état de délabrement de notre système de soins que la crise due au coronavirus explose. Elle accroit la visibilité de toutes les limites d’une conception de la santé qui en fait, avant tout, un bien marchand. Elle révèle toutes les failles d’une recherche forcenée de la diminution des coûts -des coûts qui sont en réalité un investissement pour la santé de tous-. On découvre que les stocks de masques constitués à l’époque du SRAS ont été détruits, parce qu’ils coûtaient trop chers à conserver…

Et depuis, nous assistons à tous les errements du gouvernement. L’injonction faite à chacun de rester chez soi, s’accompagne de celle d’aller travailler malgré les risques, même si l’activité n’est pas strictement indispensable. Et sans disposer bien sûr des plus élémentaires protections contre la contagion. En fait, faute de la moindre vision de long terme, faute de la volonté de mettre les moyens qu’il faut là où il faut, le renoncement est érigé en politique.  Le matériel de protection, mais aussi les tests de dépistage, qui sont un élément important dans la stratégie de lutte contre l’épidémie, font cruellement défaut.

Alors oui, il ne nous reste plus qu’à tenter de nous protéger le mieux possible, et à être solidaires les uns des autres.

La poursuite de notre objectif -promouvoir la création d’un Centre de santé- tel que nous l’avions prévu, est donc actuellement en attente.

Mais demain, quand l’épidémie aura cessé, qu’il sera l’heure des bilans et des comptes, les citoyens seront fondés à exiger une autre politique de santé, dotée des financements nécessaires, tournée vers l’intérêt général.

Notre projet de Centre de santé y trouvera toute sa place. Nous espérons qu’il sera porté par un grand nombre d’habitants de notre communauté urbaine.

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