Le 15 mai 2023, un vœu a été déposé pour une étude d’ouverture d’un Centre de santé municipal
Vœu présenté par Mme Nathalie Nail pour le groupe « Un Havre citoyen »
Plus de 25000 havrais sont sans médecin traitant, il en faudrait 30, voir 40 de plus pour assurer toutes les demandes de consultations de la population havraise.
La situation est catastrophique et conduit bien évidemment à la mise en danger de la santé des Havraises et des Havrais, mais elle affecte aussi l’image de la ville et risque d’être un frein à l’installation durable de nouveaux habitants.
Parmi les solutions pour enrayer la pénurie, celle des centres de santé publics : un centre de santé est une structure sanitaire de proximité qui regroupe des médecins généralistes salariés mais peut également accueillir d’autres professionnels de santé (médecins spécialistes, kinésithérapeutes, chirurgiens-dentistes, infirmiers…). Il est géré par des organismes à but non lucratif, des collectivités territoriales ou des établissements de santé. Un centre de santé assure donc, dans le respect du libre choix de l’usager, des activités de soins sans hébergement et participe à des actions de santé publique, et à des actions sociales. Il fait bénéficier leurs usagers de la pratique de la dispense d’avance de frais et participe également à l’accès de tous à la prévention et à des soins de qualité, sans sélection ni discrimination.
Compte tenu de l’urgence de la situation et avant une expérimentation éventuelle, le conseil municipal décide de lancer une étude pour la mise en place au Havre, d’un centre de santé municipal.
Explication
A 68 ans, il a passé sa vie à travailler. D’abord sur le port du Havre dans les containers, mais licencié à 40ans, il est contraint de se tourner vers Pôle Emploi et devient gardien de nuit à Exxon Mobil pendant 16 ans, prêt à tout pour que ses enfants puissent étudier. La fatigue liée à ce métier a eu raison de sa santé : il a commencé à faire du diabète, de l’hypertension. En arrêt, puis licencié, il a attendu la retraite qu’il a obtenue à 62 ans.
Nous vous parlons de lui car pendant que nous manifestions contre la réforme des retraites avec sa fille, ce père a fait 3 arrêts cardiaques. Il n’a plus de médecin traitant depuis 18 mois, le sien a pris sa retraite à 67 ans et impossible d’en retrouver un. Sa fille, enseignante à l’université, appelle les cabinets médicaux, envoie des courriers et des recommandés et obtient toujours la même réponse : « Nous ne prenons pas de nouveau patient ».
Il a failli mourir, a fait trois arrêts cardiaques, il a été renvoyé chez lui après 2 jours en soins intensifs sans suivi… Ce père se tourne vers sa fille pour l’aider, il a peur de déranger les médecins, pense qu’il ne s’exprime pas assez bien pour demander l’accès à un droit qui devrait être universel et inconditionnel : celui de l’accès à la santé. Sa fille est morte d’inquiétude à l’idée que son père meure parce qu’il n’a pas trouvé de médecin, ce père qui a tout donné pour ses enfants…
On le sait tous plus de 25 000 Havrais sont dans cette situation…sur 15 départs de médecins seuls 5 sont remplacés alors qu’il en faudrait 30, voir 40 de plus pour assurer toutes les demandes de consultations de la population havraise.
Mais on ne peut rester sans réagir, toutes les solutions doivent être examinées et la seule nomination d’un ministre ne suffit pas.
Je sais que vous avez signé un Contrat local de santé, que l’association Sagéo contribue à l’effort nécessaire mais ça ne suffit pas non plus…
Quant aux promoteurs immobiliers comme MedCorner City au Rond Point, qui font croire qu’ils vont résoudre le problème en louant des bureaux grand luxe aux médecins qui voudront bien venir, qu’ils ne vont faire que déplacer d’un lieu a un autre d’ailleurs et qui ont surtout en tête de rentabiliser au maximum leur opération immobilière, ce n’est pas la solution !!
Alors la mise place par la commune, ou la CU – mais là nous sommes au Conseil Municipal – d’un centre de santé municipal et donc public peut être un autre bout de solution.
Un centre de santé public peut être créé et géré par un organisme à but non lucratif, donc une commune par exemple et organisé à partir d’un projet de santé.
C’est une réponse adaptée aux professionnels de santé qui veulent un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Plus de 80% des sortants d’école de médecine sont des femmes et elles aspirent souvent à des horaires de travail cadrés, une qualité de vie, moins d’administratif et plus de soin : un tel dispositif y répond.
Il permet aussi un exercice coordonné de la médecine, car regroupé et pluridisciplinaire, les équipes médicales sont salariées du gestionnaire du centre de santé, centre qui peut constituer un lieu de stages pour les étudiants en médecine, un lieu de recherche aussi, et de mise en place d’action de santé publique, de prévention.
La création d’un centre de santé public, c’est un beau projet qui prend en compte les professionnels de santé, leur qualité de vie, mais aussi le patient, la personne dans sa globalité, dans son environnement social. Pour l’usager c’est la garantie d’une prise en charge globale. C’est surtout une solution concrète à la problématique récurrente d’accès aux soins sur notre territoire !
C’est pourquoi Monsieur le Maire à travers ce vœu nous vous demandons de mettre à l’étude un tel projet. Un collectif Havrais travaille sur le sujet, vous pourriez utilement le rencontrer.
Des expériences de centre de santé ont été mises en place, de manière trans-partisane, un peu partout en France dans le département de Saône et Loire par exemple, ou dans la ville de Saumur, et cela fonctionne, cela fonctionne bien.
Donnons-nous les moyens, les Havrais méritent bien ça, tout doit être tenté pour enrayer cette catastrophe.
Réponse
Le constat du manque de médecins au Havre est partagé par l’ensemble du Conseil municipal.
Mme Thibaudau-Rainot, adjointe au maire chargée de la santé, insiste sur la nécessaire concertation de tous les acteurs concernés par le sujet.
Monsieur Philippe, maire du Havre, déclare ne rien s’interdire : « Nous sommes en train de réfléchir à des solutions qui permettraient à des médecins qui ont réduit en partie leur activité d’intervenir à mi-temps ou à tiers-temps sur des missions. On ne s’interdira jamais un élément qu’on pense pouvoir être utile. »
Le constat du manque de médecins au Havre est partagé par l’ensemble du Conseil municipal.
Mme Thibaudau-Rainot, adjointe au maire chargée de la santé, insiste sur la nécessaire concertation de tous les acteurs concernés par le sujet.
Monsieur Philippe, maire du Havre, déclare ne rien s’interdire : « Nous sommes en train de réfléchir à des solutions qui permettraient à des médecins qui ont réduit en partie leur activité d’intervenir à mi-temps ou à tiers-temps sur des missions. On ne s’interdira jamais un élément qu’on pense pouvoir être utile. » (1)
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L’association CSPLH+ va poursuivre son action pour obtenir des solutions satisfaisantes et pérennes aux besoins de prise en charge médicale des habitants du Havre et de la Communauté urbaine.
Nous avons besoin de votre soutien ! Vous pouvez, en fonction de vos disponibilités, nous aider d’une manière ou d’une autre :
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(1) D’après Le Havre Infos du 24 mai 2023
